Une équation pour la réussite professionnelle

Pour Ezichi Bordner et son mentor Elliot Wassarman, il y a des points communs entre l'enseignement des maths en cours particuliers et le mentorat pour les entrepreneurs.

L'entrepreneure Ezichi Bordner et son mentor Elliot Wassarman

On dit souvent que les entrepreneurs sont maîtres en résolution de problèmes. Avec Ezichi Bordner, cette règle prend une autre dimension. Ezichi est propriétaire de l'entreprise de tutorat South County Math Tutor à Laguna Niguel, en Californie. Tous les jours, elle aide les étudiants à résoudre des problèmes d'algèbre, de trigonométrie, de géométrie, de calcul, etc.

« Beaucoup d'élèves se sentent complètement dépassés par les maths », dit-elle. « Le fait de pouvoir leur montrer que ce qu'ils apprennent avec moi, ils peuvent l'appliquer à leur vie de tous les jours, cela rend les choses beaucoup plus faciles pour eux. Quand je vois qu'ils commencent à prendre confiance, cela me rappelle quand j'étais moi-même dans ma dernière année de collège ; je venais d'arriver dans ce pays et je n'avais pas d'amis. »

Pour Ezichi, la fin du collège a été une époque marquante. Cette année-là, sa famille a quitté le Nigeria pour venir s'installer aux États-Unis.

Elle explique : « Mes parents sont venus aux États-Unis pour pouvoir nous offrir de meilleures possibilités d'éducation. Nous étions des gens ordinaires, de classe moyenne. Nous vivions confortablement dans notre pays d'Afrique de l'Ouest. Mais mon père s'est rendu compte que si nous voulions développer nos talents, la meilleure façon serait d’aller aux États-Unis. »

Coûte que coûte

Ce rêve d'une meilleure éducation a coûté cher à la famille d'Ezichi. Ils sont arrivés avec une centaine de dollars en poche. Ezichi s'est trouvée confrontée à la nécessité de se faire de nouveaux amis et de trouver un moyen de s'adapter à sa nouvelle école et à son nouveau pays. Mais son esprit entreprenant travaillait déjà dur.

« Je savais que tout le monde bataillait avec les mathématiques, alors j'ai décidé que j'allais être bonne en maths. J'allais être bonne en maths, quoiqu'il en coûte. »

Ezichi raconte qu'elle a dû travailler dur parce qu'elle n'a pas seulement appris les maths, mais aussi le difficile processus de compréhension, lui permettant d'assimiler les concepts. Cela l'a amenée à étudier les maths à l'université, puis à devenir professeur.

La mère d'Ezichi, qui est comme elle formatrice de profession, a toujours pensé qu'Ezichi serait une excellente tutrice, et elle l'a encouragée à monter son entreprise. C'est comme ça qu'Ezichi a lancé South County Math Tutor, dont les premiers bénéficiaires étaient ses amis et leurs proches. Cela a été un grand pas en avant, mais Ezichi a rapidement vu les possibilités de développement et elle a voulu des conseils d'experts.

Le métier de chef d'entreprise

« J'ai cherché autour de moi, dans mon cercle d'amis, mais je n'ai pas trouvé le type de mentor qui collait à ma situation », nous dit-elle. « J'avais le soutien de ma famille et de mon mari, mais j'avais besoin de quelqu'un de plus objectif. J'ai décidé de regarder sur Internet pour voir s'il existait une sorte de service de mentorat (je ne m'attendais pas à trouver grand-chose) et c'est à peu près comme ça que je suis tombée sur MicroMentor. »

Par l'intermédiaire de MicroMentor, Ezichi a pris contact avec un mentor bénévole, Elliot Wassarman. Elliot a obtenu son doctorat en psychologie clinique à l'Université Yale, puis il s'est tourné vers le secteur de la technologie. Au cours des décennies suivantes, il est passé d'ingénieur commercial chez Wang Laboratories à PDG de la société qui gère le site web Match.com. Entre-temps, Elliot a travaillé dans différents domaines, comme celui des semiconducteurs ou celui des produits pharmaceutiques. Il a permis à des entreprises à faibles revenus de se développer et de générer des millions de dollars de ventes. Mais il n'a pas fait cela tout seul.

L'entreprise d'Ezechi Bordner s'appelle <em>South County Math Tutor</em>. Elle est basée à Laguna Niguel en Californie.

Elliot explique : « Un nombre incroyable de personnes m'ont aidé dans ma carrière, c'est pourquoi j'ai décidé de faire quelque chose d'enrichissant, et qui, je savais, allait m'apporter une certaine satisfaction : transmettre à mon tour, d'une façon ou d'une autre, ce que j'avais appris. J'ai pensé que le programme MicroMentor était une très bonne façon pour moi d'aider les chefs d'entreprise qui démarrent, de partager avec eux mon expérience et de les guider dans la réalisation de leurs rêves. »

Ezichi cherchait un mentor pour vérifier son plan de développement, sa stratégie d'entreprise et son plan marketing. Elle explique qu'Elliot l'a aidée dans tous ces domaines, mais qu'il l'a aussi orientée d'une façon plus générale sur sa « vie en tant que chef d'entreprise ». Une des choses qu'elle a apprises, c'est qu'il faut beaucoup de travail et de dévouement pour lancer une entreprise, tout comme pour apprendre les maths.

« Je voulais vraiment impressionner Elliot, parce qu'il avait énormément de connaissances », nous dit Ezichi. « Je me fixais de échéances qu'il m'était impossible de respecter. J'échouais parce que je n'avais pas assez de temps. Puis il m'a dit « Écoutes, Ezichi, j'ai un conseil pour toi : ne fais jamais de promesses que tu ne peux pas tenir ». C'était bien plus qu'un conseil pour les affaires. C'était un conseil pour le monde réel. Il m'a aussi aidée avec mon caractère. »

« C'est une personne brillante qui a de forts principes éthiques », raconte Elliot. « Elle pose d'excellentes questions et elle intègre immédiatement les réponses qu'on lui donne dans des plans extrêmement bien conçus, qu'elle est aussi capable d'exécuter correctement. Il était clair qu'elle avait non seulement la passion, mais aussi l'intellect pour en faire quelque chose. »

Partager le rêve

Ezichi remarque qu'en ce qui concerne le tutorat, « il faut qu'il y ait un engagement de la part de l'élève pour que les choses marchent ». Par exemple, beaucoup de ses élèves assistent aux sessions de tutorat sous l'insistance des parents. Certains comprennent qu'ils ont besoin d'aide et veulent s'améliorer, mais d'autres « considèrent le tutorat comme des devoirs supplémentaires en dehors de l'école et ils se sentent punis. »

« Tu dois leur montrer qu'indépendamment de leur situation et de leurs résultats scolaires, vous vous souciez sincèrement de leur sort. Vous vous souciez d'eux en tant que personnes, vous vous souciez de leurs résultats en classe, et vous vous souciez du fait que leur attitude pendant les sessions de tutorat et en classe les affectera dans la vie. »

Dans la relation mentor/entrepreneur, il n'y a pas de parents pour imposer une « punition » et du travail supplémentaire. Mais il n'en est pas moins important que les mentors montrent l'intérêt profond qu'ils ont pour leurs mentorés et pour l’entreprise.

« Pour être un bon mentor, il faut partager le rêve de son mentoré. Si tu n'es pas capable de partager son rêve ou de le comprendre, alors le reste devient purement technique », explique Elliot. « Avec Ezichi, j'ai vraiment envie de comprendre le monde du tutorat : comment devenir la meilleure offre sur le marché. Je pense qu'elle a devant elle des montagnes à escalader et de grands succès à obtenir, et je crois qu'elle est capable de faire les deux. »


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