Différentes générations de commerçantes du Sud des États-Unis s'entraident

Sweet Ritualà Austin, au Texas, et le Bluebird Cafe à la Nouvelle-Orléans, enLouisiane

Amelia et Valerie dans leur établissement <em>Sweet Ritual</em>à Austin, au Texas. Photo : Jon Bolden

Il y a quelques années, deux amatrices de glace originaires d'Austin au Texas ont vu l'opportunité de faire leur trou dans le quartier.

« Nous avons eu l'idée du nom Sweet Ritual [tradition sucrée] parce que manger une glace est aujourd'hui une façon traditionnelle de marquer les jours importants de notre vie », nous raconte Valerie Ward, copropriétaire.

Amelia et Valerie sont devenues amies à la suite d'une série de rencontres fortuites dues à leur intérêt commun pour la mode vintage, les travaux manuels délicats et la vie coopérative.

« Nous avons découvert que nous avions une passion commune pour les glaces et l'entrepreneuriat lors d'une vente de garage de linge de table vintage pour la création de graffitis brodés », se souvient Valerie. « Amelia m'a dit qu'elle voulait utiliser la recette qu'elle avait mise au point pour le café et démarrer sa propre entreprise ; je lui ai proposé de devenir son associée. »

Ce glacier aurait une particularité, il serait le premier glacier entièrement végétalien d'Austin. Valerie et Amelia allaient pouvoir s'adresser à une communauté végétalienne en constante augmentation, mais elles avaient beaucoup de travail devant elles. Juste au moment où elles cherchaient de l'aide, Sally Roberts, de son côté, cherchait un moyen de contribuer à la communauté.

Sally et sa famille fêtent les nombreuses années d'activité du <em>Bluebird Cafe</em>.

Depuis 21 ans, Sally est propriétaire et gérante du Bluebird Cafe, un lieu où prendre un bon petit déjeuner, situé dans un quartier populaire de la Nouvelle-Orléans.

« Quand j'ai ouvert le Bluebird, j'étais mère célibataire et j'avais une entreprise à faire tourner », confie Sally, « je me suis occupée de tout : les finances, le recrutement, le marketing, la cuisine. »

Sally avait aussi géré une entreprise dans les conditions les plus difficiles. Sa fille est née pendant la première année d'activité. Elle a subi un nombre incalculables de cycles économiques et vécu l'ouragan Katrina.

« Mes parents, qui avaient vécu la Grande Dépression, nous rappelaient toujours que la chance peut tourner en un clin d'œil, et cette leçon m'a bien servi pendant Katrina », confie Sally, « les temps étaient durs à la Nouvelle-Orléans, et ils l'étaient aussi pour moi. J'aimerais que personne n'ait besoin de mentorat pour cette raison, mais avec l'ouragan Sandy, cela risque d'être le cas. »

Bien que sans expérience des affaires, Valerie et Amelia étaient motivées, créatives et technophiles. Elles ont lancé une campagne réussie sur Kickstarter et collecté 3 000 dollars, une partie importante du capital dont elles avaient besoin pour ouvrir leur commerce. Cette campagne a permis de constituer une base d'investisseurs au profit de la communauté, un avantage inattendu.

Elles ont aussi cherché sur Internet un moyen d'entrer en contact avec quelqu'un qui était « déjà passé par là ». C'est sur MicroMentor qu'elles ont rencontré Sally.

Sally se souvient : « Quand je me suis inscrite sur MicroMentor, j'ai pensé "Quelqu'un d'autre va devoir apprendre tout ça sur le tas. En transmettant ce que j'ai appris, je pourrais aider ces entreprises à survivre et à réussir". »

Les trois femmes ont discuté de tous les aspects de la gestion d'une entreprise et des objectifs principaux à atteindre, y compris la question du financement et celle de trouver un local.

Sally Roberts, propriétaire du <em>Bluebird Cafe</em>

« Sally a été incroyable », dit Valerie. « Elle nous a énormément soutenues, elle croyait en notre projet. C'était super de pouvoir discuter avec une autre femme chef d'entreprise. »

Sally s'est rendu compte de l'importance d'être à la fois réaliste et positive dans la relation de mentorat : « Je pense que mes interventions étaient beaucoup plus posées que ce qu'elles espéraient, mais je n'ai jamais voulu limiter leur enthousiasme, parce qu'en tant qu'entrepreneur, c'est tout ce que tu as. »

Après une longue recherche et sur les conseils de Sally, Valerie et Amelia ont finalement trouvé un local. Aujourd'hui, Sweet Ritual est bien intégré dans la communauté d'Austin. Les ventes sont au beau fixe et l'entreprise emploie cinq personnes. Valerie et Amelia n'ont plus besoin d'autant d'aide maintenant, mais elles continuent de contacter Sally à chaque fois qu'elles ont des décisions importantes à prendre.

« Maintenant, nous sommes capables d'aider d'autres petites entreprises basées à Austin, ce qui est très agréable », nous dit Valerie. « Austin est un bon endroit pour les petites entreprises. Ici, les gens aiment aider les entreprises qui ont du caractère. »


Prochaines étapes :